Clémentine Colin-Richard, représentante de la 4ième génération de la famille fondatrice, administratrice du Groupe, Établissements RICHARD-PONTVERT-PARABOOT

Eric Forestier, Directeur Général des Établissements RICHARD-PONTVERT-PARABOOT

Votre entreprise représente le savoir-faire français et participe du rayonnement de notre pays. Qu’est-ce que c’est pour vous une « entreprise française » ?

Pour Paraboot, être une entreprise française, c’est appartenir à une famille française, transmise de génération en génération (4ème). C’est garder les mêmes valeurs et les mêmes savoir-faire depuis 112 ans. C’est défendre des emplois en France et valoriser une qualité Made In France, sur notre territoire, tout comme à l’international. Enfin, Richard Pontvert SA est labellisée depuis une dizaine d’années Entreprise du Patrimoine Vivant Label EPV. Cette distinction récompense les savoir-faire des femmes et des hommes qui conçoivent et fabriquent les chaussures que vous portez tous les jours.

 

Aujourd’hui, 14 juillet, est un jour particulier, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Ce jour est un symbole, celui de notre République, de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité. C’est aussi le symbole de l’union de notre Nation, thème au combien important, surtout par ces temps. D’une façon plus pragmatique, c’est l’occasion pour notre entreprise d’une fierté nationale bien particulière : celle de voir nos produits défiler devant la Nation, comme nos bottines « Prestige » des officiers de la Garde Républicaine, nos bottes « Bike » des motards de la police nationale et nos bottines « Pécari » des officiers de l’école de guerre Saint Cyr Coëtquidan.

 

En cette période de crise sanitaire et économique, qu’attendez-vous des pouvoirs publics ?

Du soutien dynamique, pas de l’assistance. Des commandes, et non des subventions. La priorité absolue au « Fabriqué en France », aux entreprises françaises et en particulier pour les marchés publics. De la fermeté, quant au dumping des autres pays.

 

Les entreprises sont de plus en plus sollicitées pour tenir un rôle sociétal, et plus seulement économique. Qu’en pensez-vous et comment redéfiniriez-vous l’entreprise aujourd’hui ?

Depuis toujours, notre entreprise a eu un rôle sociétal et économique (création de logements pour les ouvriers au début du siècle, aide au développement des villages, accompagnement des associations sportives et culturelles…). Il est de bon ton, aujourd’hui, que l’entreprise redevienne en plus d’un acteur économique, l’acteur social et environnemental qu’elle a été, et impacte positivement son territoire.

 

L’artisanat est souvent absent des discours politiques, alors qu’il est le symbole par excellence de notre pays. Comment pourrions-nous mieux valoriser ce savoir-faire dans notre pays ?

Une politique de formation et de valorisation des métiers manuels est absolument essentielle, nous avons encore du mal à recruter certaines compétences, car devenues trop rares. Le Gouvernement doit aussi valoriser ces métiers. Aujourd’hui, on parle de French Tech, de digital, etc., mais attention à ne pas oublier les savoir-faire rares. C’est aussi aux entreprises elles-mêmes de valoriser le savoir-faire de leur collaborateurs/trices, Paraboot.

 

La question de la transmission, de l’apprentissage est au cœur de la construction du monde de demain. Comment donner aux nouvelles générations le goût de ces métiers de la main ?

Valoriser, former… mais aussi faire essayer/sensibiliser à ces métiers. Vous parliez de rôle sociétal, si un collaborateur/une collaboratrice s’épanouit dans son travail, dans son entreprise, alors cela crée un cercle vertueux autour des métiers, car ils en deviennent des ambassadeurs.