Questions à Géraldine Leduc, Directrice Générale de l’ANETT

Quel rôle l’ANETT (Association nationale des élus des territoires touristiques) joue-t-elle dans la relance touristique aux côtés des collectivités territoriales ?

L’ANETT est avant tout à l’écoute de ses adhérents et répond à leurs interrogations. Les élus nous sollicitent notamment sur des points juridiques et – le tourisme étant un secteur très impacté par la crise sanitaire -, nous demandent des conseils.

Dès le mois de mars, nous avons réuni à plusieurs reprises notre collège de parlementaires en visio et nous avons également été en relation étroite avec tous les acteurs du tourisme : offices de tourisme, hôtellerie de plein air, casinos, clubs de plage, hôtellerie… A l’époque, tout était fermé : les questions des réouvertures et des protocoles étaient les plus posées. Nous avons également relayé toutes les actions de soutien de nos partenaires, tous très engagés auprès des collectivités locales.

Quelles initiatives avez-vous prises auprès du Gouvernement et des pouvoirs publics pour accompagner vos membres ?

L’ANETT a adressé plusieurs courriers aux différents Ministres : citons notamment ceux envoyés au Premier Ministre en exercice pour appeler son attention sur les difficultés financières rencontrées par les communes touristiques, puis pour obtenir un plan de déconfinement progressif clair, avec un calendrier précis de réouverture des espaces naturels, établissements et activités en lien avec l’industrie touristique, obtenir des protocoles sanitaires pour chaque branche du secteur, … Nous l’avons aussi saisi sur l’ouverture partielle des casinos qui concourent à l’animation de nos communes et participent aux finances locales des stations classées.

Nous avons par exemple adressé une lettre à Jean-Michel Blanquer pour être associé à l’élaboration du calendrier scolaire, qui impacte l’organisation des évènements touristiques.

Nous avons envoyé un courrier au Président de la République pour qu’un Ministre du Tourisme à part entière, dépendant de Bercy ou de Matignon, soit mis en place, mais aucun Ministre n’a été nommé à ce titre. Nous avons saisi le nouveau Premier Ministre de ce sujet en lui demandant un Secrétaire d’Etat.

L’ANETT a participé à de nombreuses auditions, dans le cadre de plusieurs commissions parlementaires Assemblée Nationale / Sénat : chaque réunion a été l’occasion de défendre nos stations sévèrement touchées. Son collège de parlementaires a été très actif.
Nous avons été interrogés en amont sur certaines dispositions législatives. Nous avons gardé des liens très étroits avec les différents Cabinets Ministériels, avec de nombreux échanges téléphoniques.

Notre Président a participé au Comité Interministériel du jeudi 14 mai, à l’occasion duquel le Premier Ministre a annoncé un plan d’aide massif de 18 milliards pour le tourisme.

La crise sanitaire n’invite-t-elle pas à repenser bien autrement le tourisme et l’attractivité des territoires ?

Cette crise pousse à réfléchir à la mise en avant d’un tourisme de qualité : c’est l’occasion de communiquer sur les stations classées et notre label Famille Plus. On va devoir rassurer sans cesse le touriste, qui souhaitera se sentir protégé. Il faudra sans doute s’interroger sur la fréquentation de masse et la régulation des flux.

Nous allons poursuivre nos réflexions sur le numérique qui est également une piste à creuser : comment utiliser les nouvelles technologies pour attirer les touristes ? Comment les solliciter sur place et comment garder le lien après ?

Cette crise n’entraîne-t-elle pas, comme pour d’autres secteurs d’activité, une approche plus durable des territoires touristiques ?

Il est effectivement indispensable de voir comment concilier développement économique et protection de l’environnement : l’ANETT traite ce sujet depuis plusieurs années, mais cette crise va accélérer une prise de conscience de sauvegarde de nos territoires. L’ANETT participe à la commission tourisme durable du Comité de Filière Tourisme : un travail va être initié sur une charte paysagère.

Compte-tenu du fait qu’une partie de l’offre touristique demeure impactée par les mesures sanitaires (discothèques, foires, salons, etc.), dans quelle mesure pourrait-elle être complétée ou renforcée par d’autres atouts ?

Il faudra sans doute repenser le secteur des foires, salons et congrès dans des modèles plus réduits, en y ajoutant des nouvelles technologies du type, visios, de nouveaux parcours du congressiste et plus de réunions concomitantes.

En même temps, il pourrait être intéressant de réfléchir au changement de destination de grands espaces de manifestations vides : boutiques éphémères, vente de produits locaux, activités encadrées…

Il y a eu un certain nombre d’initiatives inspirées des techniques du marketing pour valoriser les destinations touristiques. Qu’en pensez-vous ? Cela peut-il encourager nos compatriotes à passer davantage leurs vacances en France pour visiter notre pays ?

L’ANETT a opté pour un plan de communication national : en effet depuis trois semaines, grâce à notre partenaire le Boncoin, nous avons lancé une campagne de promotion de nos communes touristiques… et les offices de tourisme peuvent profiter de tarifs intéressants.

Nous nous sommes joints à la campagne d’Atout-France : « Cet été je visite la France », pour inciter les Français à découvrir leur pays. Donnons envie aux Français de venir s’émerveiller sur les pépites de notre pays : des paysages enchanteurs au patrimoine secret en se régalant de spécialités locales… Espérons que le message sera entendu et que les touristes étrangers autorisés à venir en France se joindront à nous…