Quelque 17% des Parisiens ont quitté la Capitale pour aller se confiner ailleurs. Ils ont été dénoncés par leur téléphone… et pas tellement bien accueillis à leur arrivée dans leurs résidences secondaires, parfois louées pour l’occasion. Est-ce à dire qu’ils se seraient sentis à l’étroit, en restant chez eux, en ville ? Et que, s’ils avaient le choix, ils travailleraient ailleurs ? Qu’à l’avenir, ils télé-travailleront davantage depuis des lieux moins peuplés, moins bruyants, à l’air pur et au vert ? Que la densité métropolitaine aurait des alternatives ? Que la territorialisation de la politique du logement pourrait être envisagée plus finement ? Que les villes moyennes auraient un avenir à condition qu’elles aient la fibre ? Les inégalités de logement, en tout cas, semblent plus tangibles, tout à coup. Elles ne pourront plus être ignorées, si les taux d’infection se révèlent plus importants dans les quartiers où la taille et l’état des appartements rendent tout simplement le confinement insupportable.
 
L’Institut des Hautes Études pour l’Action dans le Logement a saisi l’occasion pour lancer en ligne un questionnaire sur les conditions d’habitat en temps de confinement. « Aux confins du logement », – que vous pouvez remplir ici: https://bit.ly/2UhIJ8L -, devrait dévoiler quelques images et ressentis intérieurs, plus précis que les statistiques immobilières un peu sèches et distantes. Nous en interpréterons les données et les diffuserons le plus largement possible. Surfaces, organisation des pièces, besoin d’espaces extérieurs ou d’espaces partagés… Elles pourraient alimenter la réflexion des architectes, des promoteurs immobiliers sur la manière de concevoir à l’avenir de nouveaux lieux d’habitat.
 
Ce think/do tank est né il y a quelques mois avec le soutien de plusieurs partenaires (Action Logement qui l’incube, Nexity, Engie, l’étude de notaires Cheuvreux, la SNCF, Groupama Immobilier, la SMABTP et Habx). On y parle d’habitat et d’habiter, en dehors des grandes querelles et chapelles qui dominent et divisent le secteur. On n’y parle pas que de crise. Optimiste, l’IDHEAL se donne pour (grande !) ambition de remettre le logement « à sa place », économique et politique, centrale pour les ménages, comme pour les responsables de l’aménagement du territoire, de la mobilité, de l’action sociale, des élus… Afin que cette puissante industrie soit plus efficace dans un pays où la politique du logement est surtout vue comme une dépense budgétaire exagérée, de 40 milliards d’euros, aux résultats peu probants. L’Institut finance des recherches et ouvrira au second semestre un cycle de formation à des auditeurs intéressés par la question sous ses aspects sociaux, politiques, historiques et économiques.