À quelle date s’achèveront les élections municipales suspendues après le premier tour sans lendemain du 15 mars dernier ? Il y a quelques jours, le Premier ministre a confirmé que s’il n’était pas possible d’organiser le 2ème tour du scrutin en juin, « alors il faudra décaler les élections ». Édouard Philippe a précisé qu’ « il n’est pas question de revenir sur les résultats de 30.143 communes » qui ont déjà un conseil municipal élu au premier tour. En revanche, dans les communes où l’élection n’a pas été bouclée, il faudra bien reprendre l’opération à zéro. La décision sera prise le 23 mai pour savoir s’il est possible d’organiser le second tour le 21 juin ». « Si ce n’est pas possible, alors il faudra décaler les élections en octobre ou après » a précisé Édouard Philippe. Quelles seront les priorités nationales à l’automne ? Pourra-t-on organiser sereinement une campagne électorale à la rentrée ?  Certains responsables préconisent plutôt un report en mars 2021, en même temps que les élections régionales et départementales. On a déjà l’habitude d’élections couplées, surtout si cela ne concerne que 5.000 communes.
En attendant ces échéances incertaines, les maires et leurs équipes vivent des situations très inconfortables alors qu’ils sont mobilisés pour faire face à la crise sanitaire et répondre aux urgences locales de leurs concitoyens. Les maires qui ont été largement réélus au premier tour ou ceux qui ne se représentaient pas n’ont pas les mêmes difficultés que ceux qui ont été mis en situation de ballotage délicat ou même qui ont été battus et donc le successeur ne peut entrer en fonctions. Quand ils agissent aujourd’hui les maires sortants qui sont en ballotage sont accusés par leurs opposants d’en faire trop s’ils prennent des initiatives ou pas assez quand ils se retiennent d’agir. Malgré la crise et la catastrophe sanitaire, la campagne électorale continue sur les réseaux sociaux et parfois sans l’élémentaire pudeur que devraient dicter les circonstances.
Même dans les communes où des maires ont été élus au premier tour, les résultats sont contestés en raison de la faible participation qui a pu altérer la sincérité du scrutin. Face aux taux d’abstention record constaté le 15 mars dernier, le nombre de recours devant les tribunaux administratifs s’envolent. Dans certaines communes on a enregistré près de 70 % d’abstentions, à tel point que certains maires élus demandent eux-mêmes l’annulation des élections. Aujourd’hui, l’actualité reste dominée par la pandémie et ces réflexions sur les élections municipales pourraient sembler bien dérisoires. Le sujet n’est pourtant pas accessoire : la France a besoin d’élus locaux bien élus pour faire face à la crise sociale qui succédera demain à la crise sanitaire.