Monsieur le Président de la République,

Le monde de la musique est à l’arrêt depuis le 16 mars, date du début du confinement. En France, la musique génère 8,5 milliards d’euros de revenus par an et les pertes sont évaluées approximativement à 800 millions d’euros.

Le gouvernement, et plus particulièrement le Ministère de la Culture, a pris des initiatives en faveur du monde de la culture. Il y a eu l’annonce de la neutralisation de la période allant du 15 mars à la fin du confinement pour le calcul du montant et le versement des indemnités des intermittents ; et le 27 mars, Franck Riester a présenté un premier plan d’actions en faveur des artistes auteurs, avec notamment des reports d’échéances et des aides d’urgence.

Moi, Richard Gardet, je suis artiste, mais aussi chef d’entreprise. Avant votre prise de parole, je souhaitais, Monsieur le Président de la République, vous faire partager la réalité de ma situation professionnelle.

Je ne suis pas Parisien, mais Nîmois. Après des études au conservatoire de Nîmes et une médaille d’or de trompette, j’ai créé mon entreprise de spectacle ; une entreprise spécialisée dans le spectacle vivant, et plus particulièrement dans l’accompagnement d’artistes de renommées nationale et internationale. J’accompagne dans toutes les villes de France depuis des années,  pour le plus grand bonheur des Français, des artistes tels que Natasha Saint-Pier, Dave, Michèle Torr, Jeane Manson, Julie Piétri ou encore Didier Gustin ; des artistes des années 80 que l’on aime et dont on fredonne encore aujourd’hui des dizaines de chansons, mais aussi des plus jeunes chanteurs émanant des émissions de téléréalité, The Voice, Nouvelle star…

Nous donnons chaque année plus d’une centaine de galas par an dans les salles, les zéniths, les théâtres, les salles des fêtes, mais aussi sur nos places de village pendant la saison estivale. Cette France-là, nous l’aimons, Monsieur le Président, nous la chérissons. C’est l’âme de la France. Notre passé, notre présent et notre avenir.

Depuis le 16 mars, le cœur et l’âme de la France sont à l’arrêt.  Toutes nos sociétés de spectacle vivant sont à l’arrêt. Nos artistes composent et fredonnent dans la solitude de leur studio et partagent en numérique.

Le spectacle vivant a besoin de vous, Monsieur le Président. De votre écoute, de votre aide et de votre soutien. Ma société vit à 80% de son chiffre d’affaire réalisé lors de la saison estivale. Mes salaires se composent essentiellement d’intermittents du spectacle. Aujourd’hui, notre activité est à l’arrêt ; la totalité de nos engagements pour cet été sont annulés et ceux de l’automne commencent également à être déprogrammés. Sans ressources, sans aides de l’Etat, mon entreprise, comme celles d’autres organisateurs de spectacle vivant sont en danger.

J’en appelle à vous, Monsieur le Président de la République, au Gouvernement, aux collectivités territoriales ou encore aux chambres consulaires, afin que cet art de vivre populaire inscrit dans nos territoires ne disparaisse pas.

Au-delà de l’avenir de mon entreprise, je pense à tous les organisateurs de spectacle vivant, à nos artistes, à tous les Français, qui vivent et aiment la musique.

J’espère que mon désarroi permettra d’aider à trouver des solutions ; à accompagner ce métier si difficile, à soutenir tous ceux qui, par leur passion et leur travail, continuent à donner du bonheur à des millions de personnes et sans qui le spectacle et l’amour de la scène n’aurait pas de raison.

 

Richard Gardet, Musicien et Gérant  de ENERGIC ANIMATIONS

 

ORCHESTRE 2020